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Full text of "Suite du plan d’instruction publique / présenté par A.H. Wandelaincourt"



5 V 9 






*i 




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in 2013 



http ://arch i ve . org/detai I s/i nstOO wand 



CONVENTION NATIONAL E. 

SUITE 

D U 

PLAN 

D'INSTRUCTION PUBLIQUE, 

PRÉSENTÉ 
PAR A. H. WANDELAINCOURT, 

Député du département de la Haute-Marne. 
Imprimé par ordre dr la Convention nationale. 



PLAN d'une Méthode très - courte , très -facile * 
agréable > tirée en partie de celle des Grecs „ 
-pour apprendre a écrire , a lire et ortographïer , 
dans les écoles primaires de la République 
française. 

Via opi/s est incïpientibus , sed ea plana et ad 
ingrediendum expedlta. Qltnt. 

V^ u àtre choses nuisent ordinairement aux études: 
le peu de méthode que Ion met dans l'en ' ' - 

A 



i 

L'aridité des préceptes, lu c et ! inutilité des 

choses que Ion t iseigne. Le peu de méthode dé- 

, L'isnifoi mité ennuie , et 
L'inutilité rebute. Il n'eu faut pas tant pour retarder 
les ] dans les sci ne : à pi raison, 

s la mari : Lre a lire et à écrire. Ce- 

pendant , il semble que . pai c concevable, 

on ; , depuis le qui ièc e , à 

tir tous ces obstacles dès l'entrée des études, 
coin rue pour les rendre inaccessibles à la plupart 
des jeunes gens. Pour se convaincre de cette triste 
vérité, il suffit lejetçr les yeux, sur nos abécédaires 
les plus en vogue , - caminer la méthode 

1 n emploie pour les ter 

En effet, ouvrons i . 'aires que Ion 

entre les mains de ts pour leur a] rc 

à lire ; nous serons effi fi - difficultés qu'ils c n- 
tiennent, et de linu i s choses qu'on v en- 

seigne. Par-tout ce sont de », inco- 

herentes et sans but ; des : des 

principes factices et sai ..ment : et 1 on voudroit 

■ des enfans légers, bouillans, incoi . sur 

Liete iapplic c peint de prise , 

s'adonnassent facilement à des t i , bien 

leur cm . de -u tenir Leur 

tendon et i :sser leur amour-] ri pre , sont ca- 

pables de la iser la c • le 

réfléchi pourroit 

effectif : à i I 

Qua , . 

b o 1 1 ; i es en elles-i 

. ■ . qui ne 

. 
... .... i 



3 

ne leur inculque qu'à coups de fouets ? u Aussi ar- 
rivez dans les écoles, dit Montagne, sur Se p i.t de 
leurs offices : vous n oyez nue cris et enfan6 suppli- 
ciés et des maîtres ennivrés de colère. Quelle ma- 
nière pour éveiller i appétit envers leurs leçons à 
ces tendres âmes craintives , de les guider dune tiognfc 
effroyable, les mains armées de fouets !... . au lieu 
de convier les enfans aux lettres, on ne leur présente 
qu'horreur et cruautés 55. En vérité, il faut avoir bien 
envie de dégoi t*r les enfans des études , pour 
tous les âges suiva is , que de les forcer d'entrer dans 
le sanctuaire des sciences , par une porte aussi hideuse 
et aussi environnée d épines / 

Encore si 1 on employoit un peu de méthode pour 
rendre moins ennuyeuses des choses si rebutantes! 
Mais il semble qu'on ait pris à tâche d'y confondre 
tout, pour n'en pouvoir sortir. Cependant le bon 
sens dit que dans tout il faut de la méthode : Grdo 
est perfectio rtrum. OuiNT. Ceci, qui est pour toutes 
les entreprises une vérité incontestable , appuyée sur 
l'expérience , sur la nature des choses et sur la portée 
de notre esprit, Test encore plus pour les méthodes 
didactiques , où il faut poser des principes évidens, 
et aller insensiblement et par degrés , de ce qui est 
plus connu à ce qui Test moins, du facile au plus 
difficile, de ce qui est sensible à ce qui est abstrait ; 
mais ces préceptes, dictes par la droite raison et con- 
firmes par 1 expérience de tous les jours, sontvioles 
dans presque tous nos livres élémentaires. Aussi , 
vovons-nous tous les enfans sans exception n'aller 
à l'école que malgré eux , ne tenir leurs livres qu avec 
répugnance , et n'apprendre que très-difficilement. 
On contrarie la nature par de telles méthodes ; et, 
pour se soutenir au milieu de cette contrainte, il faut 

A 2 



des ' r >rts continuels, dont les en fan i ne lont pa^ 
i st un < rejette tout ce 

:« La b te lui 1 sseï . De 

nai res et la cat 

in s n'aiment qi in ser , chanter : 

c inti ûgi i :ic , ce 

t q p it-on tirei i rant qui n ac et qui 

e? Rien , i rien. Tout ce qu'on fait 

, on -v- Fail toujours bien ; on suit ::lors 

le < . : . : , c: on est déjà bien loin . a\ : 

d'i li pen tre des : : : mais 

ici i . pente des de l'art, 

, uni ; < 

s n ont • tout ^ 

s • re. Une règle de lence, c'e^t 

. i ime si < 
ciles . a de .nu rage . en 

■ ■ •. n : . imagination , qui 

ent Lésespérei ; et c eue i i g ; ; de sagesse, 

employer eu I veur de la jeunesse, nous 
le corj taire; nous grossissi i objets, 

3 multiplions les 

t bien loin de pi' 
ili gen ce e : c i i : - * 

l sou - de très-] eu n , on Ici 

•''ii ri ,'•(;•', au que 1 homme h :ine 

à porti i". 

D( S , on les cri ceti ! : 

inuîi Cependant il n'en i 

de boi .elles 

ni ne ient 

pas 
ci. cl 11 être 



mais de choses grandes, sérieuses, nobles t géné- 
reuses , et qui règlent les seis , les ti us , les 
mœurs ; comme ceux qui Font conn i 
tion humaine, les branles et les ressorts des âmes, 
afin de se connoître et de connoître les res ap- 
prenez-leur ce qu'il faut craindre, aimer, c 
ce que tes: que passion et vertu, ce qu'il v a 
différence cuire l'ambition et l'avarice , la servitude 
et la dépendance , la licence et la liberté ; montrez- 
leur comment ils doivent régler les mouvi 
leur cœur , se rejouir sans dissipation, • attrister s uu 
abattement, désirer sans inquiétude, acquérir sans 
injustice, posséder sans orgueil, perdre sans c 
leur, etc. »». 

Enfin , on leur apprend dans les écoles des choses 
trop uniformes. Les livres eu m leur met c. 
mains sont ennuyeux par les choses qu ils contien- 
nent, par l'uniformité qui y règne , par ia contr; s te 
qu'ils exigent, et par la nécessité quils imposent de 
les remâcher plusieurs fois , de les rebattre continuel- 
lement , et d'en être continuellement obsédé. Fut-il 
rien de plus rebutant? Si l'uniformité tue l'homme 
constant , que ne fera-t-êlle pas sur l'esprit m». 
de l'enfance? C'est ici ie cas d'appliquer ce vers si 
célèbre de Térence : 

Kit lia ai tamf-zilis res quin diffii ilisfict, quam invitas facias. 

En faisant Ion g- temps une même enose , on peut 

bien faire sans doute, mais ordinairement on ne la 
t pas avec plaisir : car alors i esprit toujours oc- 
cupé du même objet se circonscrit de tout« 
part; et comme emprisonné dans v.n même suj< ; e 
~ue nécessai : en parcourant toujours 

a ? 



c 
fcercîc et ic dégoûte de son travail. Au contraire , 
c qu il trouve . ent de la nouveauté qui 

I toujours clans le ch ? de maiière , 1 esprit 

ion qu il fait de nouvelles décou- 
à . u ii s é- 

tend et < sur un] ibre d'objets. 

i instituteur doit donc imiter co laboureurs 
ustrieux , qui , Lersqu ils voient leurs terres «-pui- 
sées par une abondante recoite , . graine 
. et mettent par là une nouvelle ana- 
logie entre la terre et les i c fruits qu'on lui 
aandc. Aussi , les objets différent et les méditations 
diversifiées ont souvent le pouvoir de réparer les 
Forces de famé , et de remettre en vigueur un esprit 
fatigue. Le changement de travail est une espèce de 
repos ; et on aime mieux faire successivement plu- 
sieurs choses, que de faire long- temps la même 
besogne. 

Concluons donc que pour parvenir à rendre lé- 
tude plus utile , ii faut bannir de nos écoles toutes 
les méthodes de routine, dont on s'est servi jusqu'à 
présent pour apprendre à lire ; qu'il faut mettre entre 
les mains de la jeunesse des .choses varices, utiles 
et agréables , et changer absolument L'ordre (pic Ion 
a mis jusqu'à présent dans la manière même d ap- 
prendre à lire et à écrire. Pour produire efficacem 
tous ces heureux nous croyons < faut 

prendre les trois moyens suivans. Le pren 
l'ordre que Ion doit mettre dans renseignement ; lf 
LU objet tic mieux choisir les maii * 
■] , et de ne présent! 

J faciles, miles et agréable-,; le 
i , c'est de pradquei une méthode qui 
réc l'esprit plutôt que de l'ennuyer. Voyons s il 



7 
est possible de remplir ces trois importans objets : 
pour cela il suffit d'établir les trois propositions sui- 
vantes. 

Il faut apprendre à écrire avant d'apprendre à lire. 

La méthode d'apprendre à lire avant décrire est 
ancienne et universelle ; mais elle n'en est pas moins 
vicieuse. C'est un principe dicté parla raison et con- 
firmé par 1 expérience , que celui qui commence par 
ce qui est le plus compliqué et le plus difficile , pour 
arriver à ce qui est plus simple et plus facile , va à 
rebours , et suit une marche qui n'est pas natu- 
relle. Il faut un chemin uni , aisé et court à ceux 
qui commencent à marche'r. Si sur la fin de la route 
nous trouvons des ronces et des épines , la vue du 
terme, qui n'est pas loin , nous encourage ; et les 
secours que nous avons recueillis en avançant, sent 
autant d'instrumens qui travaillent pour nous , et qui 
préparent la voie par où nous devons passer ; mais 

est beaucoup plus facile décrire que de lire : c'est 
donc par apprendre à écrire qu'il faut commencer. 
Quiconque sait faire vingt-quatre caractères qui ont 
des rapports sensibles les uns avec les autres , et dont 
les élémens sont d'une extrême simplicité , sait écrire ; 
au lieu que pour lire , je ne dis pas correctement , 
mais couramment , il faut des années entières , des 
peines infinies , des combinaisons extrêmement: 
métaphysiques et déliées , une contrainte dure et 
infatigable , si on ne parvient à alléger le fardeau 
par une méthode différente de celle que Ton a suivi? 
jusqu à ce jour. 



A 4 



Méthode facile peur apprendre à icrirt* 

Nous répéterons ici ce que nous avons dit dans 
notre pian d'instruction . sur la m • qu'on doit 

suivre pour facilement à écrire ; et n 

y ajouterons ce qui es i développement 

ci c s prin i t >cs que nous y avons posés. 

On ti lire lignes pa- 

lallèles , également ite e d a itrc, ^omme 

. :oies de mi , çl . les qu ou 
ks V 

A ■ 



B 

C 

D 



Les deux lignes du milieu. B. C , sont destinées à 
recevoir les petites lettres : les grandes lettres , dont le 
caractère s'allonge par en haut, s étendront jusqu'à 

Ja ligne A ; et celles qui s allongent par eu ba^ , des- 
cendront jusqu'à la ligne D. 

Ceci fait , le maître tire d'abord une ligne perpen- 
diculaire entre les Lignes B C , et il dit à ses e^olieis 
qu'en metantun point sur cette petite ligne, ce scia 
un i; qu'en passant un petit trait sur la partie upé- 
rieure de cet i , il deviendra un /; que si , au Lieu 
d'y passer un petit trait de plume , j j fais un petit 
crochet en avant . ce sera une r : en incitant Ufl 
cond I auprès de cette r , cela fera une n ; et une m , 
il on en ajoute un troisième ; que si j'allonge jus- 



9 
qu'à la ligne A le premier i de Yn ■ ce : et 

un k , si je place un j incliné en d ur la der- 

nière partie de cetLe h; si je pla< ii 1 un au 

bout de l'autre .j'aurai une l; si je pose deu ii l un 
près de lautre , il en résultera un u; si ,- ' par 

en bas le dernier i de cette u, il devi< un y, et 

un i, si j'arrange trois i ensemble de la manière dont 
on le voit ici z; si je recourbe un ; eu cet i par les 
deux bouts , ce sera une s; et en ssant un trait 
de plume sur le milieu de cet s , \ en ferai une f; si 
je dispose ici deux ii , de mani nent se- 

joindre par en bas , ils , et ce u 

je ferai facilement une & en le barrant par une s. 

Voilà donc seize lettres, savoir : i , t , r , n , m , h , 
k, 1, u, y, z, j v, s, f, &, formées par la con- 
noissance du seul ?'. 

Pourf^ Liement le reste des lettres, il faut suivre 

la même méthode. Si je recourbe un pe : J en dedans les 
deux bouts de ïi , ce sera un c ; si je fais un petit an- 
neau avec la partie supérieure de ce c, il de vie. . 
e ; si j'oppe^e un c a un :, ce sera un t ; et si à cet o , 
j'applique un grand j, je ferai tantôt un q , t un 

p , tantôt un d, tantôt un b\ si cet i est an de Yo 

ou du e , ce sera un g\ si à l'ouverture di 
un autre c f j'aurai un a; deux ce adossés 1 un - autre 
feront un x. 

Voiià le reste des lettres , savoir ; c, «, *, , p J 
d,b, g, a, x, tirées encore d n ne carael 
trice. Il n'est plus question que >éter quel 

la même opération , de faire quelques réflexions 

la manière de tenir sa plume pour former tes plek 
les délies , sur la proportion que les doivent 

avoir dans leur ensemble , sur la nécessité et le 



1 o 

prs des liaisons , etc. : ce qui ne sera ni long ni dif- 
ficile ; ci tout est dit pour récriture. 

On peut encore faire revivre deux méthodes , qui 
avoient parfaitement bien réussi dans les premiers 
siècles de notre ère. La première est d avoir différentes 
planches, et de graver sur chacune La même lettic. 
les unes plus grandes, les autres plus petites; les 
écoliers posent da papier sur chaque planche , pres- 
sent dessus le papier , et en retirent nue lettre bien 
iorméc , dont ils prononcent le nom. Ces lettres , I 
tirées à part , se peignent dans L'imagination ; et il 
est évident que la : i it pas compliquée , la 

main doit la tracer aussi facilement que I im< 
la saisit. L'autre méthode est celle qui e oit 1 >rten /ogue 
du temps de St-Jéromc , et qu il indiquoit 
Lœt& pour apprendre à lire et à écrire à sa petite -fi 
qui étoit trop vive et trop remuante pour po- 
s'appliquer à l'étude. Cette méthode consistait à : 
graver sur des échecs , et en beaux 
férentes lettres de l'alphabet : par ce moyen on ; 
tant que Ton veut; et plus on joue , pinson ;.; 

Méthode pour apprendre facilement à lire. 

Cette méthode consiste en deux points : dans le 
choix des livres , et dans ia manière de les faire 
prendre. Nous traiterons de l'un et de fauti ! ces 
deux points', après que nous auroc ué quel* 

préliminaires nécessaires pou: réussir. 

Après avoir appris à ses écoiiers à tracer les lettres 
de l'alphabet, et à les distinguer lune de l'autre, 
le maître jetera sous 1er.! s yeux toutes -;es, 

chacune de différente couleur, a fex< 



II 

espèce aura la sienne particulière. Il exercera ses éco- 
liers à les démêler , et à rénnir ensemble celles de 
la même espèce : parce moyen, ils parviendront bien- 
tôt à les distinguer toutes les unes des autres. Alors 
le maître unira , comme par hasard , quelques lettres 
qui rendront un mot facile à prononcer , peu com- 
pose et familier : père, par exemple, il le prononcera 
lentement et distinctement, et le fera prononcer de 
même à ses écoliers. Il brouillera les caractères , et 
engagera ses écoliers à recommencer le même nom. 
Ce mot rétabli , il mettra une m à la place du p , et 
le terme mère remplacera celui de père : ainsi de suite , 
jusqu'à ce qu'on ait assez de mots pour former une 
proposition. Alors on écrira cette peine phrase; on 
en epéiera tous les mots , avec l'attention d'appuyer 
sur les syhabes , de les prononcer brèves eu longues , 
suivant les petites observations que nous ferons ci- 
après. On fera un petit recueil des phrases qu on aura 
ainsi apprises et réunies, et qu'il faudra voir seuvent. 
Après ce léger appareil, on habituera les écoliers à 
ne plus inierroger qu'en combinant des lettres et des 
mots , et un leur répondra de même. Après quelques 
semaines de cet exercice , on commencera à prendre 
un livre , et on lira selon laméthode laplus convenable. 
Mais quel livre , et quelle méthode? c'est ce que nous 
allons exposer dans les deux propositions suivantes. 

Il faut mettre entre les mains des en/ans qui apprennent 
à lire , des Hures qui contiennent les lois de la nature , 
et les maximes d'une morale douce et universelle. 

L homme n est pas un être isolé et solitaire; il tient 
à la chaîne qui unit tous les divers membres de la so- 



1 « 
ciété: s il remue, le tout auquel il est uni se sent de la - 
gularité ou < ; e I irréj 
1 ne qu • qu ii fait s< ît dirig - 

Le au but • 

. . • es et pari 
es civiles ci itiques , cngagei 

actions secrètes : tout dans la vie , en quelque t e 

is , est soumis à ses devoirs. Y être i e, 

i L'honneur; les négliger, voilà la honte. \ 
aussi pourquoi, non-seulement dans toutes nos actions 
sérieuses, mais encore dans nos divertissement 
nos repas , dans bos jeux, dans le repos mêm t ! 
sommeil, il y a de> bornes et des règles , i 
permis à personne de s'écarter. Nïhil placer t oiest , 
quod non decet. (Quint.). C'est encore pour l... [U« 
toutes nos actions ont un terme au-dcla duquel 
dégénèrent en vices; que ce terme est maiq né paT le 
bonheur et l intérêt commun des hommes ; qu'elles 
sont p'us ou moins vertueuses , selon qu'elles tournent 
plus ou moins au profit commun de la société.; et 
quelles sont plus ou moins vicieuses , selon que la 
Société en reçoit un préjudice plus» ou moins grand. 

Sous ce point-dc-vue , lx v ie présente seroit une 
course pénible , où il faudroit s'armer de 
pour eu fournir la carrière avec honneur et j.ms re- 
proche , où nous serions obliges d'être continuel- 
lement sur nos gardes , et de peser péniblement toutes 
nos démarches , pour qu'elles ne déviassent pas de la 
ligne de nos obligations. 

Mais, quand on voit que tous ces devoirs sortent 
d'un principe très-simple» uniquement .. i à notre 
bonheur; que ce principe, qui est gravé dans le i 
~ nous tous, pourvoit à nus besoins, à noire repos , 



iS 

à notre conservation , à nos intérêts, à la sûreté , ail 
bonheur de la société dont le nôtre dépend ; quand 
on réfléchit q^e c'est à cette fin que se rapportent les 
sentimens naturels, toutes nos inclinations, toi - 
nos passions, notre raison , notre volonté ; quand on 
pcr.se que c'est-là que tendent les délibérations , les 
leis , les associations , tomes les conventions hu- 
maines ; que c'est cela qui constitue l'homme , qui 
l'ennoblit; que c'est delà que dépend son bonheur, 
le repos et la tranquillité de sa conscience, les agré- 
ment solides, purs et inaltérables de la société , et 
généralement tout ce qui nous plaît constamment dans 
nos semblables, ou ce qui peut leur plaire de notre part; 
quand , dis-je, on fait sérieusement ces réflexions, on 
ne trouve alors rien que de juste , que de louable , 
d'honorable et d'attrayant dans tous ses devoirs ; on 
ne s'en fait plus une peine ; on les remplie avec joie ; 
on se fait un honneur, un mérite de ne manquer à 
aucun, en quelque temps que ion soit obiige de 
les remplir. 

Aussi , sans ces qualités et sans ces dispositions , 
c'est fait de l'homme , c'est fait de la société ; le monde 
n'est plus qu'un théâtre d'horreur , de cruautés , de 
calamités. Au contraire , la terre seroit le séjour de la 
paix, de la fraternité , du bonheur et des vrais, plaisirs , 
si les hommes mettoient toute leur application , toute 
leur gloire à faire la satisfaction les uns ces autres, 
et à s'aimer mutuellement. On n'auroit plus besoin de 
lois , de menaces, de tribunaux, de châtimens. 

Les anciens législateurs ont bien senti ces vérités: 
et les premiers temps ont joui du bonheur qu'elles 
procurent, parce que leurs premières leçons ttoient 
toujours celles de la morale. Les poètes la chanioicut 



«4 

dans leurs vers; on la célébrait lurlei théâtres ; on 
chantoit dans les festins les hommes vertueux; on 
préconisoit leurs belles actions dans les fêtes publi- 
ques et particulières. Les philosophes préchoient la 

vertu dans leurs discours et par leurs exemples. Les 
assemblées publiques , les jeux, tous les spectacles la 
couronnoient. Nous apprenons de Strabon que les 
Grecs commençoient 1 éducation de leurs enfans par 
la poésie , non-seulement pour leur apprendre la Maie 
sagesse , mais parce que cette méthode leur paroissoit 
la plus convenable et la plus naturelle. C etoit , selon 
le témoignage de Caton dans ses Origèncs, ancien- 
nement la coutume que les convives chantassent , au 
son de la date, les louanges des gran Is hommes, la 
magnificence de la divinité , les pi no mène s de la 
nature, ect. Coutume qui fut en vi ueur chez ies 
Latins, tout le temps que les moeurs furent en honneur 
parmi ce peuple , et que leur republique conserva sa 
première réputation : et 1 iie-Live nous observe judi- 
cieusement que , lorsqu'on se relâcha dans cette pra- 
tique , et qu on lut moins occupe de maintenu les 
bonnes moeurs dans tous les états , la repubii 
courut à grands pas vers sa ruine. Qui peut lire sans 
attendrissement la description du îepas que D. 
donne à Enée , sur-tout cet endroit où Jarbas . à la 

se chevelure , chante d'un air divin , sur son . 
d'or , un cantique immortel à i honneur de la divinité 
et de sa providence , et que tous les convL. e> ré] 
avec tant d'alégresse. Horace nous dit positive] 
qu'on employa la poésie pour enseigner a mes 

ies maximes dune morale universelle, et les lois 

'.Ce telle, dit-il, qui a réuni les 

hommes en société, qui leur a inspire le des 

rtus sociales, qui a partagé les terres, fondé les 



i5 

villes, réglé les mariages , les lois et le culte de la 
divinité. C'est elle qui a enfanté ces peuples et ces 
familles de héros oui firent l'étonnement clés siècles 
où ils vécurent. Les histoires d'Amphion , d'Orphée , 
de Tirtee , etc. ne nous paroissent incroyables que 
parce qu'elles élèvent leurs héros au-dessus de l'huma- 
nité ; etnousneles croyons impossibles, que parce rue 
tout est dégénéré parmi nous , et que notre éducation 
n a pas eu , comme la leur , la vertu pour base, et le 
patriotisme pour soutien (i). C'est pour cela que la 
poésie fut si long-temps en honneur , et qu elle y 
auroit toujours été si, comme le repioche Despréaux 
à Molière , et comme on le reprocha de leurs tems k 
Aristophane et à Piaute : ils n'eussent point quitté j:cur 
le bouffon l'agréable et le fin. 

Er effet, quoi de plus propre pour former de grands 



hommes 


, 


pour 


animer 


le 


génie , 


ecl 


îauiFer 


les 


esprits , 


monter 


l'imagina 


lioi 


i , produ 


1 V» 


l enth 


DU- 


siasme , 


qu 


un genre d'écrire 


qui imite 


le 


langage de 



(i) Orphée, dit Horace dans son Art Poétique ; Orfhée j ce 
sacré interprète des dieux , ayant . par la force de ses vers, dé- 
tourné du meurtre des hommes encore sauvages , et leur ayant 
fait quitter la vie brutale qu'ils menoient, on publia qu'il adou- 
cissoit les tigres , et qu'il apprivoisoit les lions les plus furieux. 
La même chose arriva peu de temps après à A m pli ion , qui, par 
les charmes de sa poésie, fit bâtir la citadelle de Thèbes : on dit 
que par le son de sa lyre il donnoit du mouvement aux pierres 7 
et que par des chants tendres et touchans, il les f< 
poser d'elles-mêmes dans le lieu qu'il vouloit leur faire occuper. 
Car anciennement on /?e connaissait d'autre sagesse , ni d'autre 
poésie que celle qui enseignoit à distinguer le bien pu 
celai despartit uliers , et les choses saintes d'û 
à réprimer le brigandage des moeurs , à donner d 

;t par là que ces poètes divins et leurs 
vers s'établirent dans le monde. 



|6 

la divinité , et qui , selon La 1 ontaine , en parlant d< 
fapologu : 

Est proprement un char | . ,.<i,'.ire, 

la tient < ptive , 

i tacha à de« : s 

Qui mènent .i son gré les coeurs et les esprits. 

L : , dit iioi'cau , en parlant de la poésie , 

Là, pour nous enchanter, tout est mis en usage, 

Tout prend un curps , une arne, tm esprit , un visige. 



Ainsi, rions cet amas do nulle fictions, 

Le poëte i'ép.iie en mille inventions, 

Orne, élève , embellir , agrandit toutes choses , 

Et trome sons sa main des lleur^ toujours écloses. 

En effet, c'est dans la poésie que les pensées pa- 
roissent sortir du sein même de la nature; on la su- 
blimité des idées , L'éclat des figures , la pureté de 
rélocution , la convenance des images , la beauté d:s 
peintures , la cadence des vers , la mélodie des sons, 
relèvent le style, flattent l'oreille, enchantent l'ima- 
gination, échauffent le cœur et maîtrisenl 1rs volontés. 
C'est-làque lesprit c .e tiouvc en: ; . mille traitsdela 

fable, de la géographie, ce la physique, de Vh'isu 
qui, semés sans affectation parmi les vérités morale c , 
lésion trecevoiravec avidité, tandis quelccoeurestn< 
paruhc variété infinie de sages réflexions sur les moeurs, 
et par de; peintures vives et naturelles du vice et de la 
vertu; enfin c'cst-là que le go formé par une 

composition ;ustoet correcte . >nns contrainte, belle 
et gracieuse . sans fard , co e né- 

le et majestueuse . flure ours 

soni ée o un sel et d une éi n qui ne laissent 

point d< lieu au de; 

Voilà 



*7 
Voilà pourquoi on fut si long- temps sans avoir 
besoin de lois- et d hujtqir.e. I.\ , arjj npit t^ut, 

e, transmettoit toutes les actions rem. ■ ia 

postérité; les mcesrs se soutenolent p\; eilc., et 'es 
moeurs soutenoient i édifice ce ia société. Vo|J : aussi 
pourquoi les anciens croyoient ou il n\' a oit que le 
qui put ê-.ie poète , ■■: [ : -t pour ccU" que 

les \ uemières lois furent écrites en vers. Selon you 
renouveler cette coutume de son temps , comme on 
le voit par deux vers tires ae ses lois, dont voici le 
sens : 

Mais , avant tout , prions le grand Jupiter 
Qu'il bénisse ces loi* , et les fasse respecter. 

Qui peut dire ce que produisaient les préceptes de 
la morale mis en vers, chantés sur des au -ncs 

etravissans, chantés au milieu des acclamations çL'tuue 
multitude attendrie , dans toutes les réjouissances pu- 
bli q ues et particulières , à certaines heures de la j ournée , 
à certains jours de ia semaine, repérés sans cesse avec 
un nouveau plaisir, et inculqués par les exemples de 
toute la nation, et dès la plus tendre jeunesse ; 
de-ia l'enthousiasme général pour le bien commun ; 
de-là ces vertus héréditaires dans chaque ce. .uns 

chaque famille; de-là le bien incalculable ru on ver roi t 
parmi nous , si cette pratique y avoi ■: lieu. 

On pourroit appuver ces préceptes sm. des exemples 
les plus frappans des vertus domestiques er civiles; 
ce serait rendre un tribut de a ceux i i i les 

auraient pratiquées; ce seroit, ppw i ter.au 

bien, l'aiguillon le plus puissant et le lis ligue de 
l'homme; ce seroit cendre a la vcr.u tant ce permîmes 
et tant de familles, qui se perdent en suivant te tor- 
rent du mauvais exemple; ce ser: lois 
iur une base solide et inébranlable ; ce seroit însùuirc 
Suite du Plan siir l instr. publique. „ 



i5 

en amusant : la nourrice feroit sucer avec le lait à ses 
nounibsons les maximes de la vertu; elle diiigcroit 
leurs premiers pas vers le bien commun ; elle leur 
feroit prendre toutes les habitudes des plus beaux 
penchans ; elle remplirait tciue la capacité de leur 
cœur des vertus les plus brillantes et les plus uu.es, 
leur esprit des conn< issances les plus avantageuses, 
et leur imagination des peinturée les j us riches et 
les plus gracieuses: et tout cela en leui cl.antant, sur 
des airs tendres , les doux attraits de la venu , les 
merveilles de la nature et des ans, les traits les plus 
surprenans de l'histoire , les actions immoriei.es des 
grands hommes. 

Voulons -nous donc voir revivre parmi nous les 
heureux temps des premiers siècles ? prenons les 
mêmes moyens qui les produisirent ; célébrons la 
vertu dans tous nos écrits, dans toutes nos actions 
publiques, et qu'elle soit ! objet de la poésie ; chan- 
tons-la les jours de nos fêtes, dans nos festins, au 
milieu de nos divertissement, sur nos théâtres; mon- 
trons-la par- tout heureuse , par-tout révérée , cou- 
ronnée, applaudie; commençons par-là le fondement 
de notre éducation publique et particulière; et bien- 
tôt nous produirons autant de hérot en tous genres 
que nous aurons de citoyens 

Mais tout le temps que ion commencera l'éduca- 
tion des enfans par une étude sèche et rebutante de 
mots, et qu on les appliquerai des choses abstraites, 
aans avoir auparavant dirige leur cœur , forme la 
raison, élc e les semimens , nous n aurons guère 
d'autres fruits à attendre de notre éducation que le 
dégoût d*i travail et de l application. Il faut donc 
commenrer 1 enseignement par des livres méthodiques 
de morale; nous venons de le démontrer. Ce n'ej( 
poiitf ïttseï , il faut que les plus beaux mwrceaux dt 



»9 

cette morale scient mis en vers, et charités sur des 
airs attachai» , pompeux ce agréables. C'est ce qu'il 
nous reste à prouver. 

Meth.de propre à apprendre très-famerrunt a lire. 

Pour conduire facilement à ieUr but les enfant 
ainsi que les hommes faits . il faut conrio'itrc leur 
caractère et suivre leuis inclinations. Si on les pousse 
vers des Gbjeis pour lesquels ils ont de 1 aversion, 
on est sûr de ne réussir que difficilement; au contraire , 
on leur fait faire tout ce que l'on veut 4 quand on suit 
la pente qui les entraîne. Voyons dune ce que les en- 
fans aiment le plus dès leurs premières années , et a 
quoi ils s occupent ie plus volontieis. Nous apprenons 
que ce n'est qu en eiudiant les enfans livrés à leur* 
jeux , que Jean-Jacques a réussi à conrioître les in- 
clinations primitives de i homme. A peine les enfans 
peuvent-ils bégayer « qu ils fredonnent des sons mal 
articulés; ils chanteni là, là , papa, maman : voilà 
l'indication de la nature. Suivons- la, incitons les 
préceptes de la inorale en vers simples et coulans t 
chantons- les avec les enfans , et nous verrons avec 
quelle avidité ils saisiront nos leçons; or, rien de 
plus facile que cle mettre cette méthode en pratique. 

Après que les enfans sauront écrire leurs lettres, 
suivant la méthode que nous venons d'indiquer , on 
leur donnera à tous le même Livre . imprime pro- 
prement, en gros caractères et sur du beau papier; 
tous tiendront les yeux sur le livre , tandis que le' 
premier prononcera , à haute voix et très-posément * 

Dans — le — bon — Le m— "-d'un— aufre, 
Cha — cun — trou — ve — son — bien. 

Tous répéteron r . trèsrieutement le même mot, cri 

£ 9 



40 

articulant séparément toutes les syllabe*. Le premier 

Son — plai — sir — est — 1'"— n(*> — tre , 
Et — le — no — tre — est — le — sien. 

Ce que les autres doivent rejeter avec attention. 
On ira ainsi de strophe en strophe , jnscuà la fin de 
1 ode ; bien entendu que la pièce aura été chantée 
avant de commencer la leçon. Cependant 1 instituteur 
n aura d autre occupation que de veilier attentivement 
à ce que tous suivent des veux , et ne perdent pas 
le fil de la lecture. Ceci tait, le maître lira un article 
de i rhaire française , et appliquera à la lecture 

nué Ion vient de iaire tous les principes qui sont 
contenus dans cet article , ayant attention de ne pas 
faire remarquer les difficultés qui nV ont point de 
rapport. Par exemple, le premier article de' la gram- 
maire traite des venelles simples. Il ne parlera donc, 
dans sa leçon, que des vovelles simples; il dira, 
par exemple , ô clans nbln est long, parce qu il est 
couronne dun accent circonflexe; au contraire il en 
bref dans kon-heùr , par la raison opposée. Quant aux 
voyelles composées, leur, au , trou , etc., il n'en 
parlera que lorsqu'il lira dans la grammaire l'article 
des vovelles composées. Il n'aura pas fait six fois ces 
remarques , que ses écoliers les feront aussi bien 
que lui. Dans toutes les règles il va des exceptions, 
on ne les remarquera que lorsqu'on reviendra à une 
seconde explication des principes. Voilà la méthode 
Ju plus simple, la plus facile, lapins expéditive da: - 
prendre à lire et à écrire correctement. Reste à in- 
diquer la grammaire oui nous a paru la plus métho- 
dique et la plus claire ; il suffit de la lire auenti- 
\ (.ment. 



L A M MÀTR E FI ' N G 



i 



L : L>:: >i i>. I 

- : - 
I c . : . : . • - m | " 

est une lettre double , formée î do 

Des 1 .'. . . i 

= es simple» . .: . c . * , *, 
[ucllc 

La ; ocei E 

I 

! C( ... 

c prou : 

5 £ ] 

- 




at 

grave on un accent circonfl xe, comme dans ntceis, 
jtit. La quatrième espèce a\ se piononce comme un a, 
en j lit , femme. 

La voyelle /', différente de La corn >nne/, est loi 
lorsqu'elle est couronnée par un accent circonflexe, 

comme dam c, : ■ e. 

Là voyelle o ne fait seule un mot, que lorsqu'elle 
est interjection ; alors cei est Long et prend l'accent 
circonilrxe, comme tûr! 

La lettre u est voyelle ou consonne: la consonne 

v s'àppèïîc vè , pour la distinguer de la voyelle, qui 

relient le norn à b ; ainsi , dans le mot i ulgaire , la pre- 

re Icrtre eu un v é, et la seconde un u. 

v des Grecs n'a , dans notre langue , que le son 

de notre i voyelle; on 1 emploie en français jour 

exprimer le son de deux i , dont le premier est ceribe 

t îi 'a eovelle qui le précède , et le second à la 

suivante ; aïnsi il iaut écrire , joyeux , moyen , boyaux t 

èlayçr , avec un y\ niais on écrira avec un ï surmonte 

de deux points , et que l'on appelle pour cela i tréma, 

*n t aienl\ parce que Ion n'entend dans ces mots 

que le son d un i , en cette sorte , pa-ien , a-ind % au 

heu que i" r n prononce ?noi-un , johieux. 

Autrefois on écrivait nxoy , toy , luy , etc. , ayee 1/; 
mais il cet bien n>ïcux d'écrire, moi , toi , Jtrr, 

"Dans présente touo les verbes où 1; s emploie pour 
deux / , en certaines personnes, il se change en ; si m 
en d'autres i parce qu il n'y tient plus lieu que d un / : 
ainsi , quoiqu'on çcri c , soyons , 
û faut écrire , qu'ils soient, quih \ aient , parer i 
deux personnes se prononcent avec le son d un ? 

im\ 



*3 
Il fatU mettre un i simple après Yy , dans les pre- 
mières et secondes personnes du pluriel de 1 imparfait 
de 1 indicatif, et du parfait du subjonctif des verbes 
qui ont un y devant la terminaison ant du participe 
actif: ainsi on écrira, nous payions , vous payiez , qu€ 
nous payions , que vous payiez , parce que payer fait au 
participe actif payant, 

Des Voydles composées. 

Les voyelles composées sont des voyelles simples 
réunies ensemble , pour donner à la voyelle domi- 
nante un son plus fort et plus plein que si elle étoit 
seule, sans cependant cesser d'être un son simple et 
de se prononcer comme s'il n'y avoit qu une seule 
voyelle. Telles sont , ao , ea ■ , ai , oi , eoi , au , ut , eou , 
eau, ou, qui prennent le son de la principale des 
voyelles dont elles sont composées. 

Ainsi , dans ces mots , il mangea . nous songeâmes , je 
chantai ,jc lirai, geai , craigne , pleine , dais , adroit t etc. 
prononcez d'un ton plein, il manjz, nous sonjâmes ,je 
chanté , je lire , je, aregne , plène , de , adrét. 

Ui a le son de Yi seul dans vuider 9 vuidt, vuidenge t 
vuidangeur ; mais ui est long et se prononce dan« 
cuire, luire, aiguil le ,. aiguiser , guise. 

Des Voyelles nasales. 

Les voyelles nasales sont des voyelles simples ou 
composées, jointes a la consonne n ou m, dans un» 
même syllabe, pour exprimer un son simple, un peu 
prononcé du nez, savoir, am , an , em , en, aim , 

«IN , «tC. 



r 4 

Am*, an, car , m , en, - p nbent ordinairement 
de m - iic , cl avec le 5bi 
empire , entendem >en . ntm, ^n , se pron 

connue <r , i°. dans les rri< ts terminés pai 
fans autre consonne, c 
vent Cexamtn % agen, eu- H\ moyen 
tien, chrétien, chrétienté; 2°. dans les v • 
venir , et leurs composes, comme ,jt c;cns , je i 
3°. clans les mots pris des !' ï etrani . mme 

^ ■, pmnon , Jérusalem , tri. mal» 

fm . ain , t/n, «fin et ^ifa , se prononcent col». 
impoli , /.*#:« ; feini%%e , faim , Rktnn*. 

Eun a le sou fort de lu : a jeun , prononce/ ' 
De:, Diphtongues. 

Les diphtongues se FÔhn r la'jonctiôn de 

sieurs vcvciics en- . ei d . e c - 

SOJ&S pur Une scuic t. | .e voix. 

7)ri Di. ktoneute iimplet* 

' i diphtongues simples résultant de la fôri I 
flétfx voyelles . pourfaftG entendre à l'ereillc l« • n 
înc! de ce« deux vcyelles réunies en une sViia'bfe', 

et prononcées en un seu: temps. 

Exe m r l e s : 

Ja c .e prononce, d L iâ J fhïtni . v~ia-nde\ 

Je se prononce , />-/ 

Jo >c prononce , \ i-o-Je , j-iv-U. 

Œ se prononce, m-a-U t f-œ-le. 



-5 
Oi s: prononce a"cc le sou «le 1 o et de 17 : v-oi-tllc, 
m-oi-i ; ■ - te son uvert , comme 

y. . ■■- S comme w if, 

c. : c'est ainsi qfuc 
se | e -r le distinguer de 

sait, vc ....._ «. 

La plupart ' ns et de pays se pro- 

no;- : 4 tais , Bcùaroii > Chi* 

s , Lièçt ii , Suédois , 

v . • '' ' ■ • : i : . 's on 

_;/j/5 , Ecossois , //'- 
:.c, comme s ils étoient 
eci.c* : Andes , Ecqssci , etc. 

ÏHm .• ' ■ sées. 

Les mouton gùes do à i g nt celles oui se for- 
ment de deux v . . es . ou de 1 i '.me 

voveiie si r.v/c avec à un ..-ée. :<~ ; , &« , 

ieu , loi , ion iot\ ou:, r:c fèuit iu une svlIalSè ; tuais 
ii y en a deux. dansjoK- r , dans r0«-t>r, dans czz-z , 
participes du verbes ou-ïr. 

Des Consonnes. 

Ï'I y a dix-neuf consonnes : b , c, d , f , g , h , j , k , 
1 , m , n , p , q , r , s , t , v , x , z. 

I.cs consonnes n'ont de son que par les voyelles , 
auxquelles elles s'unissent ; c'est pbùr ceia les 

appe'ic consonnes; Une syllabe se forme en unissant 
nue coi ■. Cependant irne voyelle »eu : 

. une syllabe, coin me dans a-joutc,- ïft 
ré-u-ki: 



î6 

Observations. 

i °. I es s\ llabcs , terminées par des consonnes , tont 
toujours suivies d'un son foible cl muet. 

t°. S il v a dai:s un mot plusieurs consonnes de 
mite, il faut toujours supposer entre chaque consonne 
le son cl un e tuib'.c et fort bref; ainsi , dans pseauticr , 
on prononce comme sil y avoit paautier. 

3°. B se prononce dans le corps des mots, comme 
subsister . absorber; et à la fin des mots propres, Job, 
Jacob , etc. Il ne se prononce pas dans blomk. 

4°. Ca , ce , ci , co , eu , prononcez ka , se , si , ko, 
ku. C a le son de Pj devant e , t ; ainsi , dans ce ci , 

x , cité , cime . prononcez le c comme une $ , ie , si. 
Mais c , devant a , 0,.», an , ou devant / , r , et toutes 
les fois qu il finit la syLabe, se prononce comme un k ; 
ainsi prononcez kabinet , kolèrt , fc*r« , etc., dans cabi- 
net, colère , cure ] caution, courent ;, clément , crainte, 
crêpe , a c leur , action. 

Lorsque devant a , o , u ,on veut donner au c le son 
d'une i, on met au-dessous a ie espèce de c retourné 
qu'on appelle cédille : façade, garçon , ?'^y. 

On prononce le r comme un g dans cicogne , claude , 
second, seconder, \ccr clair t , et dans les dérivés de ces 

\.ots. 

r >°. D ne M prononce point à la fin des noms sub- 
I tan tifs , meme devant un mot qui commence par une 
voyelle J ainsi dites: d fait chan aujeurd hui , il fait 
{roi aujourd'hui. Mais dans les noms adjectifs, ce d se 
prononce si le mot qui le suit est substantif: alors ce 



2 7 
d se prononce comme m nsi dites: grrnd auteur j 

fecend héritage , ce me s'il ecoit écrit , grant auteur, 
etc. Le rf, ^ .à des verbes, se prononce comme un 
f ; ainsi . rend-il ? se prononce , rent-il ? 

6°, JF final tic sonne point dans dç/\ chefd œuvre , 
£*r/-ï o/a»/ , hœufsalèi nerf, œuf . bœuf, a moins que ces 
mots ne soient devant une voveJlç ou à la fin dune 
phrase, comme nerf optique , /'/#«£ d œuf ; mais au 
pluriel de ces mois i'/ est toujours muet; ainsi ion 
dit : les nefs optiques , des bœufs écorckés. 

7°. G, à ia fin d'un adjectif, suivi d'un substantif, 
se prononce comme k , si ce substantif commence pat 
une voyelle ; ainsi dites : un lonk hi tr , un lonk espace. 
Cependant, si ces adjectifs sont au pluriel , il ne faut 
pas prononcer le g, mais il faut faire sonner ïs comme 
un i : les Ion létés* 

8°. L'A ne se prononce point dans [honneur, l'homme, 
christ, catholique, théologie, rhumatisme ; mais il se pro- 
nonce dans huit, huitaine, huitième, le héros , habler , 
hacher, haie, haillon, haïr, haie, halle, hallebarde, 
hameau , hanche , haras , harceler , hardes , hardi , hareng, 
haricot, harpe , harpie , haridelle , harnais, hasard, hâter, 
haut, hennir, héraut, hérisser, herser, hêtre, heurter, 
hibou, hideux , holà , Hollande , Hongrie, honte , hoquet, 
hormis hotte , houblon, huuer , houlette, housse, hugue- 
not , humer, hurlement , hutte, et les composes de tous 
ces mots, excepté les composes de héros. 

On donne pour règle générale que Yh ne s aspire 
pas dans les mots français qui la tiennent du latin. 
Le mot une heure tire son h du ternie latin hora , vous 
prononcerez donc, une urt, 

L'A, à la suite d'un p , se prononce comme une /: 
philosophie; vous piononcere^yi/^fl/^. 



:S 
9*. O se prononce a La fin ries mots 
;qu'i!s sont devant une voyelle. Cette lettre ne se 
I - nonce point devant m e con fine.: 
q-à inde ; pron. 

Qua c e prononc \ 

■•■ ' . r ■ n , igénaire , a\ 

q'iadr û _ ulairt . . ■■ . - 

ecouaUur , etc. , en observa h * 

S :lia l *e , et qu il Fai < ur 

n appuyer la ir a. 

Quinqua se : : i ris les mob 

rènairt , 

<■'■,-■-. i: ce ; Ci! | 

, 4 imc'i Cuintilicn , etc. 

i m". S a ic son du : . i ' . ' re deux vc yellei : 
oiseau . rose; exe té f monesylï 

r, présupposer, paTcîe <jue*i ce 

est un composé de deu c termes , et que , si on | ro- 
alors fi tiei tern 

k s:l Vérîtab i ar on dit . 

... .... 

. 
v , et sci. . - n 

Israi l , cic. 
i i°. Le / conserve ordinairement U À lui est 

. savoir , **, ti\ li , i . /•.. ( 
i du c oi ■ 

. et devant ! 

es . ■ 

tiûn, etc. 

Les syllabes ne ? n\ pas te 



*9 
ton: les Tines l'élève nt , les autres le baissent; d'autres, 
enfin, 1 élèvent d abord , et ic baisi nt 111 la 

même svilabe. L'accent est un petit caractère destiné 
à marquer cette variation. 

Laccent aigu sert à marquer le ton élevé ; il se 
tire de la o-auciic à la droite 7) ■ comme tenir. 



L'accent grave marque le ton bas ou baissé ; il se 
tire de droite à gauche (\) , comme dans procès. 

L'accent circonflexe composé de laigu et du grave, 
sert à indiquer qu il faut élever le ton et le baisser 
successivement et presqu'en même-temps, sur la même 
syllabe (a), comme dans ia seconde syllabe de 
temp ~ l' . \ 

Laccent aigu se met sur les /fermés , soit au com- 
mencement , soit au milieu , ou à la fin des mots , 
célèbre. 

Laccent grave marque un e ouvert, comme dans 
progrès. Il sert aussi à distinguer un adverbe d'avec 
un autre mot : Âllz-là , courez çà et là. Il se met sur 
un à , quand il n'est pas le verbe avoir , mais une pro- 
position , comme . je vais à la ville , je demande à mon 
père. Laccent grave se met encore sur ou , quand il 
désigne le lieu , pour le distinguer de la conjonction 
ou : aimez vos rie (■ rs , ou attt u :- s à être malheu- 
reux ; le lieu ou reposent les cendres de mes ancêtres. 

Laccent circonflexe sert à marquer ou qu'une svi- 
labe est longue , comme dans apôtre; ou que ia lettre 
i est supprimée . comme dans fêtes , qu'on éctlvoit 
autrefois festes ; ou pour distinguer des mots qui ont 
un sens difl rent: ainsi on écrit t cher ( faire effort), 
jeune (abstinence ), pécher du poisson , cru, participe de 



3o 

croître ; Paris ( homme ) ; tu , participe de taire ; mûr , 
en maturité ; sûr ( certain ) t matin (chicu), jo:r les 
distinguer de tacher ( gâter), de jeune , qui n'a pas 
beauc< up d âge ; de pécher ( offenser Dieu ) , de Pans 
(ville), de cru, participe de croire ; de tu f pronom ; 
de m . préposition; de j/îut ('muraille), de nt"t.n 
( matinée ). Notre , vo/r< , suivis de Jcur substantif, 
s, i i biefs cl ne prennent peint 1 accent circonflexe ; 
mais sans leur substantif, ils sont longs et pici;:. 
l'accent circonflexe : ainsi on écrit : vi tre mai on>n I 
père , sans accent ; au lieu qu on ie met en disant: 
cesi le. vôtre $ j'ai vu le notre. 

De H lis ion des vc y elles. 

L'clision est le retranchement dune voyelle devant 
une autre voyelle , ou une h non a^piiee. 

Pour marquer dans récriture cette lettre retranchée , 
on met au-dessus de sa place une virgule , qu'on ap- 
pelle apostrophe , ce qui n'arrive que dans les mots 
d'une syllabe, termines par a> e % i; car o et u ne 
souffrent jamais d'élision. 

L/rf s'élise toujours dans l'article et le pronom I ; 
ainsi on dit: je l cime, je limiterai t jt ^observerai; 
mais on dit: la onzième, la huitième , sans retrancher 
Va, parce que Vo t dans onzième , se prononce avec une 
aspiration forte, qui se roi t anéantie par lclision. Il en 
est de même de L'A dans huitième. Il faut encore ex- 
cepter la, après les impératifs : aidei-l 

Les mots d'une seule syllabe , termines par un t 
muet, s'élisent quand le mot suivant commence 
une voyelle ; ainsi ,je , me % te , se , le , ce , de, que , ne , 



3i 

s'élisent toujours avec la voyelle du met suivant , 
comme , quil vienne , maime-t-il. 

Quoique Yt muet final , dans les mots autres que 
ceux que nous venons d indiquer, ne s'élise pas dans 
1 écriture , il s'élise cependant dans la prononciation : 
ainsi prononcez : il comment à faire un temps cl nvenabVà 
la saison, quoique vous deviez écrire en toutes lettres: 
il commence à fane un tzmps convenable a la saison. 

Lï ne s'élise jamais que dans la conjonction ti t 
encore faut-il que le mot suivant commence par un 
i , et que ce mot soit il ou ils ; comme , s il arrive , s'ils 
viennent. Par-tout ailleurs le st ne s élise pas; par con- 
séquent on ne dira pas : aussil, pour aussi iL 

Des Lettres capitales. 

On se sert de lettres majuscules pour composer le* 
titres des livres , pour commencer les phrases et le 
premier mot de chaque vers. 



SECONDE PARTIE. 

Des Mots pris séparément. 

Huit mots difFércns , diversemeru arrangés , font 
toute la matière de nos discours et de nos écrits. 

Ces mots sont : le nom, l'article t le pronom , le verbe. 

I adverbe , la préposition , la conjonction et l interjection. 



5* 

Du .y om. 

Le nom est un mot devant lequel on peut mettre ou 
le , la, ou un x une] ainsi ch #7 est un nom, puis du 
peut dire : le cheval , wn c"A*t .?/. Beau est aussi un qc m; 
on dit : le beau , un beau. 

Il y a deux sortes de no;r.s, le nom substantif et le 
nom adjectif. 

Le substantif exprime une personne ou une chose , 
et le nom adjectif marque \ Vue ajoutée au 

substantif. 

On peut joindre à un adjectif 1 • 

ou moins , ce que Ton ne peut faire pour un util ; 

ainsi, belle est un adjectif, pdree qu'on peut dire: 
chose telle , plus belle, moins belle; e^ 
substantif, puâsqu on ne peut diie : chçse innutn , flui 
maison , moins mais{ n. 

Des Noms de nombre. 

Tl v a deux nombres, le singulier et le pliuiel. 

Le singulier s'entend d'une seul i e , &mme II 
cheval , la rose: le pluriel se dite: urs choses , 

comme Us chevaux, Us roses. 

Du Genre. 

Il va deux genres dans la I; • . isc , le 

culin ei le féminin, le ci uh marquent le masculin i 
cl Une dénotent le féminin. 






Moyens pour reconnoîtn s - : est ai. 

au pluriel. 

Si le nom se termine par une i , comme i 
puils , etc., il s'écrit au pluriel comme au singulier. 

S il ne finit pas par une s , i! prend une s au pluriel ; 
ainsi, /</Y , 5««r , art , vertu, deviennent pluriel si 
Ion y ajoute une s : pères , yar-wn , arts , i'f; . 

Exceptions. 

i°. Les noms tirés des langues étrangères, et tcoîs 
dans la nôtre sans avoir souffert aucun changement, 
forment le pluriel comme le singulier; ainsi l'on dit , 
des zéro, des in-quarto, des alléluia. 

2°. Les noms propres, employés comme substan- 
tifs , »e prennent aucune marque du pluriel. On dit: 
les Turenne , les Scipion , le* Ai . : mais ils pren- 

nent Ys au pluriel, si on les regarde comme qualités 
ou adjectifs; ainsi on dira : les Buffon ci tes Daubant on 
sont les PlInes de n< ire siècle. 

3°. Les noms qui finissent par un u ou une l ; 
nent un x au pluriel ; mais ri faut bien remarquer que 
cet x est une lettre double , composée dé c et s. C 
donc toujours Ys qui termine le pluriel \ et le 
joint ici à cette s que pour rei 
plus douce et mieu n e : ail 

pluriel, agneaux , clou y fait fait 

ims où le c n'est pas nécessaire .pour 
la prononcii ti lus coulante, la : 

• »'C s au pluriel , subsiste dans son entier; cai 

détail , ciel- 
Suite du Plan su iblîque. C 



8 i 



lit , font i , ...:.., etc. Aci 

. - nt point de j Ltu ici. 

.' nt poi 
. si ces noms composée commencent 
.ion, connue des in-folio , des ijv-sci 
: i5 , si ces mots commence! 

, le premier de ces noms . une i, quand 

on ne Le reg le | orne un se .i mol . comme 

dans (ont deux noms 

et ne I rmei i pas un seul mot: cependant ces n. * 
ne prennent Ti j après le dernier f qua i n 

est si forte, quelle fait pron cèi s ces mots coin 
sliU n'eu faisoient qu'un , arc-en-cicl. 

De f Article. 

L'article est une espèce c" i que Ton met de- 

vant les noms communs , pour annoncer n . eut 

être pris, non dans un sens vague, mais dans ... 
sei d terminé; ainsi quand je dis , la nation < l 
l'arti idique la nation particulière de France. 

Nous 'un article, c'est U , ma 

. féminin 1er; et/«, pluriel d 

.:s. 

JD:P 

romposé d * ï 

a place ( u en éviter la re- 

n si c cnt. 

n • 

nlier; ci 

Ceux de la seconde 

; 



$5 

Pour la troisième personne, il y a deux espèces d* 
pronoms dans notre langue; l'un direct, et l'autre 
chi. 

Le pronom direct donne simplement ridée de la 
troisième personne : c'est» li, elle, lui, au singulier ; 
ils, eux , ell , leur, au pluriel. 

Le pronom réfléchi est celui qui , en nommant la 

troisième personne, l'annonce comme agissant sur elle- 
même ; c'est se, soi, pour les deux nombres : ce qui 
arrive , quand la même personne répond aux deux 
questions, qui est-ce qui et quoi, faites sur le même 
verbe. Exemple : Le superbe se loue. Première question: 
Qui est-ce qui loue ? le superbe. Seconde question : Loue 
quoi? le superbe , soi-même. Autrement on met lui : la 
même personne n'est plus le sujet et le terme de l'ac- 
tion ; l'action ne retombe plus sur celui-là même qui 
la fait. 

Tous les pronoms dent nous venons de parler sup~ 
pléent au nom des personnes, et s'appellent pour cela 
pronoms personnels ; les autres mots qu'on appelle 
pronoms , sont des adjectifs qui prennent le genre du 
nom auquel ils se rapportent. 

M ~ . toH, son, notre , votre , ce, cet, etc. , sent des 

inventé^ peur déterminer la signification du 

itantif auquel ils sont joints. Je dis , ma maisor, , 

val, pour les distinguer de tous les autres , et 

• eîer à ma propriété personnelle. 

Le mien, le tien, le sien , le notre , . , 

ment ia place d'un substantif particularisé dans 
une antre phrase. Il faut donc qu'ils Soient * 

le te, la, les, pour rappeler 1. 
lie icre cTe ire : faon , ton , 

2 



36 

etc. ne rappellent rien, maïs particularisent le 

nj. ici ils sont joints. Voilà la raison pour 

ces derniers pronoms ne prennent point 

i 

Du Verbe et de <-\ 

Le yerbe est le mot de la phrase devant lequel on 
tre . tu , il , nous , vous , ils ; ainoi lire est un 
: on peut dire , je lis, lu lis, il lit; nous , etc. 

Nou • n'avons qu'un seul verbe , je suis , tu es , il est. 
Tous les autres sont composes de celui-ci et de quel- 
que qi dite exprimée avec ce verbe, pour abréger; 
i quand je dis , il lit , c'est comme si je disois : 
il est lisant. C est ainsi qu'il faut réduire tous les verbes, 
q land on veut les apprécier comme ii faut. 

Pour connoître la qualité dun verbe, faites dessus 

Ce moi la question quoi* Si i vient quelque chose en 

réponse à cc;:c question , le verbe est actif; s'il n'y a 

point de réponse, le verbe est neutre. Exemples: 

R mulas a bâti Home, Demande : A bâti quoi ' Réponse : 

'. A bâti est donc un verbe actif. Les tnfam dor~ 

'. Demande : Les enfans dorment quoi 7 Point de 

use. Verbe neutre. 

Cette uesti n ne : fait pas mit le verbe je suis . tu 

es , ei . t parce qu'il, n'es p in t verbe actif, et «qu'il ne 

; •■, un adjeci un substantif, ou qua 

q i adjci if < avient ou ne convient ; ..s 

erminé. 

• reconnoissons dans notre langue que trois 
; rbes \îje mis . d< ni 

auti :.. pai .'»■ je .;:, qui i ■ i - 



"1 

ponsc à la question quoi? et le verbe neutre,, sur lequel 
cette question reste sans repense. 

Ce que nous regardons clans notre langue comme 
verbe passif, n'est que le verbe je suis , tu es , il est , 
conjugué avec un participe, auquel on ajoute , clans 
certains temps, le verbe avoir, qui, comme nous le 
verrons bientôt, a une destination particulière : 
dans le verbe passif, on n'a égard qu'au verbe être; 

Des Propriétés du verte. 

Les verbes se conjuguent et se partagent en quatre 

classes. 

On y compte trois personnes : 

La première personne est celle qui parle : je lis, 
nous lisons. 

La seconde personne est celle à qui on parle : tu 
Us y vous lisez. 

La troisième est celle de qui on parle : il lit , ils 
lisent. 

11 y a dans les verbes deux nombres, Le singulier 
et le pluriel. 

Des Modes. 

Il y a quatre modes dans le* verbes : l'indicatif, 
l'impératif , le subjpnctifét l'infinitif. 

L'indicatif indique aux autres mots de la phrase les 

fonctions qu'ils doivent remplir clans le discours. 

Le subjonctif annonce une proposition subordonnée 
à la phrase principale. 

L'impératif forme un commandement. 

L'infinitif répond, ou à la question qui est-ce qui? 

C 3 



faite sur un verbe i l'indicatif, ou au tif; et 

le sujet de la phrase : ou il répi 
« ! quoi} et , dans ce ea^ , i. 

Le pai peut faire 

phrase : i°. il a ni fi carie - 

■ . et a le m< me i ( gime 

■ 
avoir le même nombre et le même genre. Ci 
cira dans La suite par des exemples □ 

Le gér te a un verbe la i 

ver' 

\ent ? corn . 

Des ■Temps dis vcrbts. 

L^s temps des verbes sont simples ou composes. 

Les temps simples sent exprimes par un seul m I 
comme , je lis , tu lis , il Lit. 

Les temps composés sont ceux (fui se rende I 
deux, mots , comme, f ai aimé , je suis . 

Les temps surcomposés sont ceux qui sdnt Com- 
posés de trois mots, comme , fêvois eu aimé , 
eussions tu aimé. On voit pur ces exemples i 
| . onnes je . tu , il , nous . \ ous, ils , ne sont c< 
pour rien , lorsqu'on veut voir si un to mple 

ou comj» 

Temps de ï indicatif. 

Il y a dans l'indicatif trois temps primitifs : l< 
lent , qui marque ce qui est ou ce qui se 

; le passé indiouc ce qui est passé; e 1 . le 

tnaioue ce qui se fera dans la suite. 



3 g 

î ; y a quatre temps passés: {imparfait , qui marque 
une chose qui n'etoit pas entièrement faite dans le 
temps où Ion parle: fécrivois., I rsqui vous arrivâtes. 

Lr parfait , qui marque une chose absolument et 
entièrement faite : f ai aime, j aimai* 

Le plusque-pùrfait , qui indique une chose qui étoic 
faite avant qu'une autre chose arrivât : fàvois déjà fini 
mon ouvrage , quand votre ami est venu. 

Le futur fasse , qui marque qu'une chose sera faite 
avant qu une autre chose arrive : f aurai jini mes affai- 
rés , quand je vous irai voir. 

Il faut bien savoir distinguer deux sortes Je par- 
fait : le parfait simple ou défini , qui s'exprime par un 
seul met, comme , f aimai , nous enseignâmes; et le 
parfait composé ou indéfini , qui est composé de deux 
mois, comme , f ai aimé , nous avens enseigné» 

On se sert du parfait simple , lorsqu'on n'eât plus 
dans le temps dont on parle , comme , je fis cela hier, 
je reçus le mois passé. 

On se sert du parfait composé pour marquer une 
chose passée, mais dont il reste encore quelque partie 
à écouler, comme ,f ai fait cela cette année , ce printemps t 
ce ni ci s- ci. 

Temps du subjonctif. 

Les temps du subjonctif sont : le présent , ïi*rparfiit, 

it , et le plusque-parfait. 
Le présent et l'imparfait du subjonctif désignent 
souvent un futur ; mais cela ne renie; me cic difficulté 
que lorsqu'on applique le français à une langue 
étrangère. 

C 4 



46 

I imj r, «se, ci/mé, s'a onj -il", 

à lier . veibc , 

a une autre • dut cela 

ou il tèt toi jours pré s ^/rn . i 

I 
is que vous vimsi e • i - . e . ah qu 

i : ■ . . 

Lin i - i i niiel présent , 

pa | es : naii ement de • ane 

chose arriveroit dans le temps pré une autre 

chose arrivoit ou étoit arrivée, ci kt cm aimercu 

( présentement), si vous èt\ei \c ux 
( présentement ) , st nous savù m 

Ce conditionnel présent appartient indicatif 
qu au Subjonctif. 

/ He des conjugaisons, 

II y a quatre conjugaisons des verbes français. 

rend les verbes dent l'infinitif 
est termi . comme aimer , badiner* .cr, 

jo h ■ 

La secc enferme les es « 

c . ir , ce in me; . . 

' - . ceilc des vcrl > termi es en c if , 

c . i . . ' 

La qi 
est terminé . . r . 

Qbsi imj 



4* 

cmx qui ont l'infinitif en er , font le présent de l'indi- 
catif rn retranchant r à la première et à la troisième 
personne du singulier, et prennent une 5 à la seconde;- 
ainsi a aimer , on dit : f aime , tu aimes , il aime. Ceux 
des trois autres conjugaisons prennent une s à la pre- 
mière et à la seconde personne , et un tli la troisième 5 
ainsi , de Jinir , on dit : je finis , \u finis , ilfnit. Dans 
toutes les conjugaisons, la première personne du plu- 
riel est en eus , comme nous aimons, riens lisons , etc. ; 
la seconde en ci , comme vous aimez y vous iiset ; la 
troisième en ent , comme ils aiment , ils lisent. S'il y a 
quelques exceptions à ces règles générales, la table 
suivante les indiquera. Nous la mettrons en deux co- 
lonnes , Tune des temps simples , l'autre des temps 
composes. Par cere méthode , tout sera plus simple , 
plus clair et plus facile à saisir. 



PREMIERE CONJUGAISON. 

Des verbes en er. 

Aimer, Aimé, 

Racine qui produit les Racine qui produit Us 

temps simples. temps composés. 

Mode indicatif. 

Temps simples. Temps composés. 

Présent. J'aime , tu aimes, Passé indéfini. J'ai aime, tti 

il aime : nous aimons , vous ai- as aimé , il a aimé ; nous avons 
mez. ils aiment. aimé, vous avez aimé, ils ont 

aimé. 






Il 



Imparfait. Paimois | I 
mois, il aimôit; non . aimions , 

▼ous aimiez , ils aimo:- 

Passédéfini. J'aimai, hi li- 
mas , il aima ; n o i j - 
*<ow* aimâtes, ils aimèrent. 

Tutur. J'aimerai , tu aime- 
ras, il aimera; nous aimerons, 
Vous aimerez , ils aimeront. 

Présent conditionnel. J**i- 
merois, lu aimerois , il aime- 
roit j nous aimerions, tous ai- 
meriez , iis aimeraient. 



lii ai- 

: 2 aimé , il 

i ma aimé . i 

. i! . .1 v> • 

r J'ai ' aimé , 

tu au; . il aura 

nous a Imé , i ous aurex 

aim< , îii auront aimé. 



Mode subjonctif. 



Temps simples* 

Présent. Que j'ain e , que tu 
aimes, qu'il aime 5 que nous 
aimions ; que vous aimiez, 
qu'ils aiment. 

Imparfait. Que j'aimasse ^ 
que tu aimasses , qu'il aimât •, 
que nous aimassions , que a ous 
aimassiez f qu'ils aimassent. 



'DE I M 

Singulier. Aime. 

DE IN 

Temps simpli s. 

Pt st -- -'- 1er. 
Partit ip t j ■ n s en t* Àim 



Tl mp s ce mp s - s . 

Passé. Que j'aie aimé 4 que 
tu aies aimé, qu'il ait aimé j 
que nous ayons aimé , que 
VOUS ayez aimé, qu'ils aient 

aimé. 

Plusque-parfait. Que j'eusse 
aimé, que tu eusses aimé, qu'il 
eût aimé 5 que nous euss 
aimé , que tous eussiez aimé , 
qu'ils eussent aimé. 

P Û R A T I F. 

Pluriel. Aimons , aimez , 
qu'ils aiment. 

r i x 1 t 1 r. 
1 
Passé* Avant aii . 



43 



SECONDE CONJUGAI S ON, 



Des Verbes en ir. 



I N I 31 



Racine des temps simples» Racine des êemps composés. 

Indicatif. 



cmps simples. 



Temps composés> 



Présent. Je finis , tu finis, il Passé défini. J'ai fini , t;i as 

imit ; nous finissons , vous fi- fini , il a fini } nous avons fini» 



wissez , ils finissent. 

Imparfait. Je finissois , tu 
finissois , il finissoit ; nous fi- 



vous avez fini , ils ont fini. 

Plusque-parfait. J'avois fini, 

tu avois fini , il av r oit fini : nous 

Eussions , vous finis^iti; , ils avions fini , vous a\iez fini , ils 

avoient fini. 

Futvr passé. J'aurai fini , tu 
Auras fini, il aura fini 



iiiiisioient. 

Passé défini. Je finis , tu 
finis , il Huit ; nous finîmes , 
vous finîtes, ils finirent. 

Futur. Je finirai, tu finiras, 
il finira j no-js finirons , vous 
fin.re/. , ils finiront. 

Présent conditionnel. Je fi- 
nnois , tu rinirois , il iiniroit ; 
nous finiricus , v.jus flairiez , 
ils finiroi: 

S 



, KM. «.«*«. ..... , 

aurons fini , vous aurez 
ils auront fini. 



nous 
fini * 



u b j o :: c t 1 f. 



emps simp 



Ir, 



Présent. Que je finisse, que 

ta finisses, qu'il finisse; que 

. que vous finis- 



Temps composés. 

Passé. Que j'aie fini , que 
tu aies fini , qu'il ait fini ; qu« 
nous avons jîni, que vous ayr* 
fini , qu'ils aient fini. 



44 

Imparfait* Que j^ finisse , Plusquc-parfaù. Qut feusê* 

<jnc tu finisses, qu'il finit; fini , qut- tu ensses fini , qu'il 

nous finissions | que tous eût fini ; que nous eussions fini , 

fussiez y qu'ils finissent. que tous eussiez fini, qu'il» 

eussent fini. 

Impératif. 

Singulier. Finis. Pluriel. Finissons, finissez, 

qu'ils finissent* 

I H r i M i t I F. 

Temps simples* Temps composés* 

Présent. Finir. Passé. Ayant fini. 

Participe présent. Finissant. 

Remarque. 

On voit, par ces deux conjugaisons , qu'il scroit inu- 
tile Je continuer les conjugaisons des temps com- 
poses ; qu'il suffit, pour le 3 former, de se servir du 
participe qui est leur racine ; par exemple , d'aimé et 
Jim dans les deux précédentes conjugaisons , de reçu 
et rendu dans les deux suivantes ; et de les joindre aux 
temps convenables du verbe j'W, tu as t il a, comme 
nous Talions faire dans ie vtsti des conjugaison». 



4 5 



TROISIEME CONJUGAISON. 



Des Verbes en oir. 



Recevoir, Reçu, 

Racine des Temps simples. Kaaine des Temps composés. 



Indicatif. 



Temps simples. 



Présent. Je recois , tu recois 



nous recevons 



î 
vous 



il reçoit 

recevez, ils reçoivent. 

Imparfait. Je recevois , tu 
recevois , il receToit 5 nous re- 
cevions _, vous receviez , ils re- 
cevoient. 

Passé défini. Je reçus , tu 

reçus , il reçut ; nous reçûmes , 

* * * .1 •» 

vous reçûtes , us recurent. 

Futur. Je recevrai , tu rece- 
vras , il recevra ; nous rece- 
vrons , vous recevrez, ils re*- 
cevront. 

Présent conditionnel. Je re- 
cevais , tu recevrais , il 
recevrait 5 nous recevrions , 
vous recevriez, ils recevraient. 



Temps composes. 



Passe' défini* J'ai , tu as , il 
a reçu ; nous avons, vous avez» 
ils ont reçu. 

Plusque-parfait. Pavois , tu 
avois, ilavoit reçu; nous avions, 
vous aviez 9 ils avoient reçu. 

Futur passé. J'aurai , tu au- 
ras , il aura reçu 5 nous aurons , 
vous aurez . ils auront reçu. 



UBJONCTir. 



Temps simples 



Temps composés. 



Présent. Que je reçoive, Passé. Q'ie j'aie, que tu aies, 

que tu reçoives , qu'il reçoive ; qu'Hait; que nous ayons , que 

que nous recevions, que vous v^pus a\<:z « qu'ils aient r«c 
riez , qu'ils reçoivent. 



46 

Tmparfait. Que je reçusse, Ph Quej'enste, 
< es 7 qu'il reçût 5 cju»- tu < 
r . nous reçussions 9 'que tous nous eussions, que ti ent- 
iez , qu'ils reçus» liez, qu'ils eussent rc u. 



î ri p 



B. A T I F, 



£/»< ////tr. R*" 



Pluriel. Recevons .recevez , 
qu'ils u Doivent. 



I 



N F I >' I T I F. 



Temps simples; 

Vr ! '"/• Recevoir. 
Vartlclpe présent. Recevant . 



T, mps composé: 
Tasse. Ayant. 



QUATRIÈME CONJUGAISON. 
Des Verbes en re. 

Rendre, R z x X> U, 

Racine des temps simples. Racine des temps 1 

Indicatif. 



Présent. Je rends , tu rends, 
il rend 5 nous reniions, vous 
: . . lent. 

I 
1 lois , il rr:i< : " : nous ren- 
dions , vous n»nàj< . i - ren- 



' 






ts 
■ j. , il a 
nt. 



.T'.ii 



tu p«, l 
I 

i .. 

: - , tll 



i 



4.1 

S « B 1 O H C T 1 ï. 

Temps simplts. T .nps composés. 

Prescrit. Que ]e rende , que Passé. Que j'aie , que tu 

tu rendes, qu'il rende $ que aies , qu'il ait 5 que nous ayons , 

nous rendions , que vous ren- que vous ayez , qu'us aient 

diez , qu'ils rendent. rendu. 

Imparfait. Que je rendisse , P 'lusque-parftu 't .Quef 'eusse % 

que tu rendisses , qu'il rendit 5 que tu eusses, qu'il eût; qu» 

que nous rendissions, que vous nous eussions, que vous eus- 

rendissiez , qu'ils rendissent* siez , qu'ils eussent rendu. 

Impératif. 

Singulier, Rends. Pluriel. Rendons ? rendez , 

qu'ils rendent. 

Infinitif. 

Temps simples. Temps composés. 

Présent. Rendre. Passé, Ayant rendu. 

Participe présent. Rendant. 

Remarque. 

Tous les verbes qui ont un d à l'infinitif, le retien- 
nent à l'indicatif. 



Méthode pour Us conjugaisons passive* • 

Après le verbe être , non» mettrons le participe 
aimé, en observant que ce participe prend le genre 
ce le nombre du substantif auquel il se rapporte. 



48 



CONJUC A I S C) N D U V E R DE LIRE. 



Et * 



E X 



Kucine des ternp* 



te des tcn:ps compote** 



Indicatif, 



Temps simples. 
Présent. Je suis, tu es, il 



youb etei , 

il* sont ai aie s. 

Imparfait. JY'tois, tu étois , 
il éioit ; nous étions , vous 
étiez , ils ctoient aime 

Vassê défini. Je fus, tu fus , 
il fut ; nous lûmes, vous fùt< s , 
ih furent aimes. 

JFutttr. Je serai, tu seras , il 
i rons, vous serez , 
iU ». roui aim ■ 

ondit. Je s; toi s , tu 

seiefis, il seroit ; nous si rions, 

/ . ils seroient aimés. 



Temps composts. 

Passe indéfini. J'ai , ru as, 
il .1 • nous avons , vous avez , 
ils ont ai- 

V Lu;. que- par J ait. JVvois , tu 
avois , il aroit ; nous o\ 
vous aviez , ils aroient a 

Futur passe. J'aurois, tu an- 
rois , il auroil ; nous ai.: 
•\ou-> auriez, ils auroient aimé* 



UnJONCTif. 



2 - mps simples, 
Présent. Que y- sois - q 

. ■ . 

toienl aj 

Il tUfi • : 



'aie,quM 

ivez j qu 

... . 






I :vi p É r a t t r. 
ulier. Sois. Pluriel. Soyons , SoycS. 

INFINITIF. 

.'/,?. Être. Passe. Avoir été. 

P<:, tU ipeprt 's. E ' an t a ■' . . Part. passé. A yant été ai;né. 



Remarques sur l es C o n jugais on s. 

i*. Ccsc du parfait que se forme l'imparfait con- 
; ainsi ceux de la première conjugaison ont 
i , et le changent en a*$e , assis , al ; asùons , 
a i z 

qui ont le parfait en us, le changent en usse t 

u^scs , ut; lisions , lissiez, ussent. 

Ceux qui lent en is, changent cet is en isse , isses , 
U ; ùsii ns , issici^ issent* 

Ceux qui Font en ins , le changent en inssc, insses „ 

hit: ., hissait : ainsi de j aimai , vi 

- r ; de j> i/is , je visse ; cie je fus , jj /z/^jY ; c e je 
le, 

2 ft . Pour mettre les participes au féminin , ajoutez 
e au masculin. Ai ê Fait .. ■■'; . éV au féminin; lu 
y fait „'. irconti meise '; excepte absous , < ; iû 

ic'.it i et .'-••.",'. . dissoute: 

3°. On me tôt «t/àzV , dans les temps 

npOsés des verbes 

l>c: tir : . rentrer , rtsttr , ?'*- 

£u7^ du Plan cTinst. p. D 



5o 

tourner , revenir , tomber , 

descendît, à 

On mettra toujours i dans les i- 

c f s : chose c 

] l la . ? : r ces temps ; et on 

i • . , a rien en .c i 

c iop. On ci ira donc : %è à cheval; > 

rail c ; il a i i je; parce que , si J ; 

de tde sur ces verbes, il a monté quoi? j'ai rei 

a/ à la pre 
que-, r»« à ia seconde , et sa i it à la croisi 

s 0:1 dira : il t t . il est rentré . il est a 

jt s: ■ 3 [ùcn faisant, sur ces verbes 

eu n'y trouve point de réponse : i i 
sont ides vc. très dans ce sens. 

Des prépositif n 

T.; >ns se placent de. an: tin autre mot, 

pou, . régime et en rap] art ave t- 

ainsi avec, dans , i, sous % e:c. , sont >->.:> - pos ^.^ns. 

ctAdverlt. 

I?ai : • -- et auprès ' . mot, pour en aug- 
menter ou ri . ttion : ainsi cxiiénc- 
■ jc ; il è iné ; i augmenter ia 
si/ . : c'::n autre mdt. F t exemj le , quant : 
oSjs : j aime txtn t t tnfa :xtré \ tnt exacts à 
ieui s .' - s , je dit> plus ntentois cic 

• • 

La 1 pour ! , est d a- 

jou: 



accise on fait aisément; de modéré, modérément. Quand 
r ne fin»t pas par un e , en met cet adjectif au 
féminin, et on t; ainsi, d< , iaite* 

£r*nde , et dites çr : : 

fait au féminin lie , a peuir -vz/; 

c< rc ex.;e • arec 

qu'il étoit trop dur ie dire genttliemenU 

Des conjonctions. 

Les conjonctions sont ele deux espèces. Les unes 
s'expriment par un seul mot., et servent à lier les 
pauies du discours ou à les expliquer : et , si, mais , 
de ce genre. Ces conjonctions supposent après 
me verbe que . ' 

ron ètoit éloquent et va [veux ; c est comme si je disois : 
Cicero:\ çiâii c ■ quent , et il et it t tueuq. 

L autre espèce de conjonction est ce. ee de plu- 

sieurs mots , comme , aj n que , ue , suppose que. 

Ceiies-ci ne se bornent pas , comme les précédentes, à 
iier une phrase avec une phrase, un adjectif avec un sub- 
stantif;' s annoncent que ; le verbe 3e la proposi- 
tion, à la te te de laquelle elies se trouvent, doit se' mettre 
ai s tif, comme dépen i ci- 
pale. Ainsi quand je dis : quelque ht\ ut nous 
soyons ici bas , il manque beauct 

heur, j'annonce que la phrase , à : de laquelle eft 

quel : ; i-i v s la j ro] osition , il m coup 

de choies à notre *heùr; z\ t pour cela que je -met* 
soyons, et non pas somme . 

' l Interjection. 

L'interjection ou exclamation exprime, un mouve- 
ment de Famé ; par exemple: ahl ohl ht là ! 

D * 



3* 

Cor tre pour rien dans Ici 

r: i icours, i I eu 

connoître L; r. 

Ci nclusion de ce qui a rie dit dam cette seconde partie de 
la i 

Les huit sortes de mots que nous venons de enn- 
sidé et ent , ne peuvent seul ter dans 

i\ i. u . en s parfait; il faut les assortir diversement, 
si K sensibles les idées et les r< s 

des idées qu'ils ent. C'est sous ce point de vue 

que nous allons les envilï ger. 



TROISIÈME PARTIE. 
Des mois joints ensemble dans une proposition. 

Le discours est un assemblage de propositions. 

La proposition est un assemblage r lc mots c; 
un sens clair e c ^uand je dis . : 

tei icprisû >. Ii ne faut 

donc plus considérer ici les mots 
on doit les envisager sous la forme et dans la ] 
qu'ils doivent a cours. Pour cela n< 

les traiterons sous tous les rapports qu'ils peuvent in- 
diquer dans une proposition. 

- . 

Les adjccàii étant faits pour eue joints à des sub- 



53 

stantifs , il faut qu'ils en prennent le genre et le 
nombre, et qu'ils aient les deux genres, ; il y 

a des substantifs masculins et des substantifs féminins. 

De la terminaison des adjectifs. 

Si l'adjectif finit par une voyelle , la terminaison 
féminine se formera en y ajoutant un c muet; ainsi 
sensé fera au féminin sensée , joli fera jolie , etc. 

Si l'adjectif masculin finit par une consonne , il 
faut, pour avoir la terminaison féminine, détacher 
cette consonne de la lettre qui la précède , et ajouter 
un e muet à cette consonne ainsi détachée : pur , pu-re ; 
saint, sain-te. Cependant, pour rendre brève la pronon- 
ciation , on double la consonne, comme bon, bon-ne. 

On disoît autrefois bel , nouvel , fol , mol, par con- 
séquent le féminin de ces mots est belle , nouvelle , 
f lie , molle. 

Franc fait franche ; * ; doux, douce; 

jaloux „ jalouse ; set . ' frais , fraîche; malin , ma- 
ligne; bénin , bénigne ; vert , verte; nud, nue ; crud , crue} 
épais , épaisse; exclus, exclue; absous , absoute; dissous, 
dissoute; naïf, naïve t etc. ; tout ce. a en faveur de la 
prononciation. 

Du pluriel des adjectifs. 

Les adjectifs forment leur pluriel en ajoutant une s 
au singulier, Ion , bons ; fort , forts. Ceux qui sont 
terminés en / , le changent en nx : égal, égaux. 

Les noms cardinaux ne prennent point la marque 
ilu pluriel ; ainsi on dit, les cinq vbit ■ , quatre cent 

D 5 



se me 

au p l 

stamif : dci. . ' 

ibres cardirr, : , i res qui répondent 

tîon : I L. Un t deux ; c. 

ibres 01 ' . -pondent à ia questioi : 

î est-il? \ - h 

■\ écrit dm* - : mail , s'il est qi cst'n □ de 

;■ les années, il faut écrire wii : < c7r, m . - v . 

D tion de lodjc 

Il u ^ge de placer le 

Btaritif devant Fadjectif, ou Y ; d( 

•. . tif. On ces 

. 

i tif, nne un au are a 

- . . est ; bien ; . 

..... . ite, 

. .♦ c . i 

~> 

sie en ce que if vi bel it au même 
M ■ à me peis j« . orne 

U f tu aimes t il aime ; noi 

I 

inme 



dte sa cause , m • i ce'rapport p*r la prépo- 
sition de : t'a fi de i ; ' nnoni 

terme d 

le verbe le : ora g M éj nfe /* 

Pour déterminer le rapport (Tune chose à une autre , 
nous mettons à devant . iclc r à la femme t a le père, 

et par contraction , ci père. 

Pour marquer la personne ce qui une chose vient, 
ou ie lieu d'où elle est tires , nous mettoi 
et quelquefois à : tirer de la ville a Dieu. 

Le verbe passif a pour régime de ou par : on em- 
ploie de , quand le verbe m à la- 
quelle le corps n'a , hom ne ver* 
tueux est estimé de i le m t ; e t l'on : 
rcme.i: par , quand le verbe exprime tion du 
corps : Rome fut bâtie Ou n'i n e 

jamais par devant le moi -.. : les 

hommes bienfahans sont aim :u. 

une froj. - :' s, 

On distingue deux sortes de participes , i°. le 
ticipe termine en ant. Il est • , et 

ne prend ni genre , ni • t la 

i Ci tu ; lès femmes détest 

*°. Le pa presque 

toujours, et a b i s nmairu 

qui n ont pas bien saisi sa destiaati 

Il n'y a poini érence cj >air ticipe passt 

et le participe passif, quant à la m an i rircj 

D4 



, I»; 

c 

_ 

P 

- 
- 

! 

: Leponsc. 1 

- 

■ 

3 



J7 
Second - ■ - 

F 

. 

- ■. 

Première règle. 1 >rèa ' c • 

avoir, s'accorde 

: ; c , s il son 

si le 

: . s son rej - 

a quoi cipe ; la 

c -i cette qucstioi : indi- 

Icipc. 

Exemples: 

I I I : 

■ -* •. y ■ 

.Ce 
. Ditei 

. . .: t 

i J 

La 
. [ 
: - rester i ible. 

De: , Didon. 

est de réduite. 

- 

Il . . 



• nent rc; é< rame adjectif; il est indécli- 
nd il est « - coi me verbe actif, et 

comme : s. i un objet. 

.ter cet 
fai lis ces ] 

ne Ion t. • ci Le , i c quil 

y a des mots s lus , et qu on } rte ie 

c à cerl >mi , tandis qu'il se ; te à 

d'au n sont sous-entendus. Fait ne se rapporte 

pas .; ». Dit e n; des j ar- 

tici . ns ces phrases c 

►ne rester in .c qu ils 

!;t déteri inés | ar ks mots sbus-'< : de ta 

\ ; U i ïai -■■ ' - s i J 

Seconde règle. Le participe | 

- i son no- 

minatif, lorsque le verbe peut se ::>v 

le verbe avi osi dites : les ch 'M 

faites , J0»d . i £i*» rr. 

;ue le v- ; peut se ; nr a 

ns de la : , passé 

ie , et Ton suit en tout la | :e. 

u r c c n i c 

: c est de mettre 

le : La J 
ttirces -ila 

R< I 

ce cas , se i 

..... 



59 

De Xemfloi de l'indicatif ci du subjonctif. 

i°. On emploie l'indicatii ut , lorsqu'on 

veut raarquei al s lument et sans < u'une chose 

est : 7c sais > uil esl 

2°. Après le o impersonnels, il faut , il est â- 

. il est difficile , z7 convient , é/é. ; et quand on 

reut marquer du doute , du souhait et ce l'incertitude * 

on met au subjonctif le verbe i est après que : Il 

convient qu il vienne ; il faut qu il son .. t 

3°. On met ordinairement le s 

les verbe* précédas de ne, ou cm] ! ar intei h 

: ion : Je ne crois . til soit a, é 

la ii ' itèe ? Cep< . a ni 

te , ni incerti c, e à i'in- 

dica . : re ? 

4°. On met es conjonctions 

t osées. i - . article d 

°. Qui l utile, après tic, ou dans une 

oi- 
vcrnentle subjonc .ude ; c 

pas, quand il ny a ni . : , ni 

de. Ainsi on dira , dans le premier cas : Y a- 

t-il quelqu'un qui .. - i : ! . i II 

Me \ - itê ; 
c second : t nois: us le se cr ci ne je tiens 

d ms me 

On met le subjom 

■.>••••, 

la qucs: ; ; t i ! ;nroc , il est 

ion ou il viennt , il t nécessaire ai ou : 






6c 

Quest-ce qui est b#n ? ! ! • r/#/i nécessaire? 

Réponse : Quilvx Pin 

Jvéj ttwi^j ^<r doit prendre un verbe au 

Si le verbe qui est à et qui gouverne le 

iubjonctif est ; 

ratii , Je verbe qui est au subjonctif se met nu ; 
sent, si la chose n'est pai . , si 

clic est passée : T aime , f aimerai ; orc i . 507/ 

bien reçu. 

Apres tout mitre temps nue le présent cr le futur, 
on se sert de 1 i. , isse , etc. // J 

a fallu , il auroitfal . tse , et non que je 

parle. 

De ïuiage de l'article et de ce qui en participe. 

L'article se met devant un nom commun, pou* le 
restreindre et le faire prendre dans un termine. 

Ainsi tout ce oui a un sens déterc :ne , 

ne prend pas 1 article ; par consé< ni c^ noms de 
nombre , un, deux, etc, ; les 

Joseph, Paul; les noms au ' les 

noms propres de pays , de 1 

de rivières , de montagnes , ; t ] oint 1 

ticle: on les restreint assez cr. I ..Il en c>t 

de même de mon y ton , son , etc. 

Mais on met le , la , les , : \ devant les nom* com- 
muns , lorsqu'on veut es rc 
propres : la province , l ;. etc. 

2 . Devant les noms adj ctifs i S] près: le 

hcl , le Llam . le h un. 



«1 

3°. Devant ics noms d'hommes et de femmes qu'on 
veut restreindre : le Tasse, le Dante. 

De l 'emploi des pronoms. 

Les pronoms se i à la place d'un nom. Leur , 

joint à un verbe, ne -rend jamais as ; il doit tou- 
jours précéder le verbe : mais il prend une s , quand 
i. est joint à un nom pluriel : Il est grand de ne nuire 
o es ennemis , ni dans leur réputation , m dans leurs in~ 
féri s: : is il est plus grand encore de leur faire du bien. 

Si Ion demande aune femme, tte - ous malade? elle 
rep • suis 9 parce que , dans cette demande , 

malade est un nom indéterminé; il est sans article. 
Il faut donc que la réponse soit de même indé- 
terminée. 

Mais si l'on demande d'une manière déterminée et 
avec i article , êtes-vous la malade? Elle répondra: je 
la suis. 

On se sert de lui-rriîme avec un nom détermine : 
Pierre n est pas un bon ami; il ne s occupe que de lui- 
même. 

Soi, au contraire, se met lorsqu'on parle des per* 
sonnes et des choses en général : Se conduire soi- 
même ; le vin en soi , etc. 

L'article restreint, venons-nous de dire. On est tou- 
jours mis pour le mot homme généralisé, et pris dans 
un sens indéterminé; par conséquent on préférera on à 
Ion. toutes les fois qu'il ne sera pas née £ de 

meure l en pour éviter un bâillement ou un sens dé- 
sagréable et choquant ; pa ; on , à cause de son. 
article, détermine, et que ie mot on ne détermine pas. 



R ' ■ *' ■ 

- 

Ai ivi de le : A travt 

A t position 

du \ 

1 un SC | :3 Ctdf.; 

/ : ■ ts Paris. 

estion , • 
vaij , et sans . . 

ticuiitj . j ', i en prison. 

Rc, ■ tdvt 

Les; i ne peir nt jamais igner du nom 

ou du verbe au service d 

Si le verbe , au service i 
est fiai.» un temj a comj osé , Ici adverbes se 
çoramui : entre lau: ire et je | : J ~i 

ent exati . $ t\ t affaire; n.i.s n trv ru rien 
dit. 

Près , ijoui lyi c la pré- 

] • « : • 

f : I t : P 

J>lI (disposé, préparé), prend : I réi I 

r doit pas être pris indifféremment pour 
Véntoge. Davantage se ocetsans suite, c : exige: 



61 

La itxtntt tst f 

va lu l ■ 

Pas. Mus, ne se mettent • 

lorsqu'il est dans un temps : ime 

pas ; je ne \ r si 

un temps coin] se placent entre 

L'auxiliaire ci le j artu \\ î p 

■vous nauriezplus eu de force; s: 
de prgcauLiQ 

Ds la Ponclx . : 

On r.c sert de ç ix fiïafâues • -es diff*- 

icntes parties du discours. Ce soi ' - ' • > » le 

. ) , le point avec la < • (■">') , ;es deux 

ici;-- : . le • . nt intei :' . le i-::nt d'ex- 
clamation ou d admiration ( ! ). 

On met le point après une proposition, c'est-à- 
dire, après une suite de mots qui font un sens dé- 
termine et clair , comme : Lhcnmt vertueux ne connoît 
point Xt . . si , dans cette proposition , il v en 

avoit ci renfermées, il fau droit les séparer par 

des virgules , ce qui arrive le plu» souvent, 
\i premier mot de ase principale est suivi 

ou d'un que i comme : : . i *\ qui est vertv 
et le travail , ne connojt point l'ennui. 

Si cette première proposition principale étoit *■ 
J une autre, pour rétendre et leclaircir , au lieu < 
point, on en mettrait deux, 
tueux et labo'i — ex ne ci : ce pr- 

ient , qui détruifrUs hem me s , ne ;ct au couis 

paisible de sa vie. 



Le pointarec la vi 

picL que La 
ces mots : d 
L ho 

plaùi ; ûs il est toujours i 

il se fuit sci/is case ; p; ; , etc. 

Valinea co\ i c le rc 

ligne. Alors la 

doit être une i . nie , et a s Je 

corps de 1\ ge , comme on peut le \ 

licrne suivante. 

Le point interrogatif se met api 
il rogen ; - Le point ac 

après une exclamation : ciel! 

La parentht sert à renfermer les 

ours , cent le 
ou de ce qui SU 

La cédille , espèce de virgule, m !c r, 

pour en a loucir le son , e. 

u i c s (une : ; , ; 

Les guillemets s - 

cette sorte (w), ei :nt ] 

rôles de r. 

On met le t. éma ru les r T 
i, u , et c muet . 
nom i are rm 

la v < ■ 

points sur Vi , pai ce que cet i 
de i a qui le pré 



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